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NOËL
Sur les façades et les clôtures, sur les arbres et les lampadaires, sur les ronds-points et au travers des rues, ça scintille, ça brille, ça illumine, ça s’allume, ça s’éteint, ça se rallume.
A l’entrée du village, c’est écrit de mille ampoules multicolores « Bonnes fêtes » ou «Joyeuses fêtes ». Au pluriel. Au pluriel, pourquoi au pluriel ? Parce qu’on met dans le même lot deux fêtes, Noël et le nouvel an, qui n’ont rien en commun si ce n’est le voisinage dans le calendrier. Comment ça rien en commun ! Cadeaux, repas de famille, réveillon, champagne . . . les ingrédients sont les mêmes, où est la différence ?
Il y a encore une poignée de chrétiens irréductibles pour qui Noël est avant tout la fête de la naissance de Jésus. C’est quelqu’un qui a vécu il y a bien longtemps mais ils le disent vivant. Il est pour eux, aujourd’hui, un compagnon de route. Il leur invente un monde à l’envers où le petit est grand et le sans-grade est roi. Ses mots leur sont une source et ils y boivent d’abondance. Un bout de pain leur est un festin du moment que c’est lui qui le partage et le donne.
Or ils ne savent rien de sa naissance. Si ce n’est qu’elle a eu lieu. Forcément. Un jour d’entre les jours ou une nuit d’entre les nuits, va savoir. Quelque part par là-bas, un trou perdu. Dans l’anonymat le plus complet. Et des conditions hygiéniques, mieux vaut ne pas en parler ! En tout cas pour eux, cette naissance, qu’importe où et quand, c’est le jaillissement de la lumière. Imperceptible mais irrésistible.
Alors fin décembre, quand les jours commencent à gagner sur la nuit à peine, à peine, ils trouvent que c’est le bon moment pour la fêter. Puisque cette lumière est dans leur vie, ils ont plaisir à évoquer le moment où elle est venue dans le monde. Et comme ils sont un peu fous, ils croient qu’elle grandira jusqu’à dévorer les ténèbres.
Yvon QUISSARGUES (prêtre)
Article écrit par Yvon QUISSARGUES prêtre le 29-11-2011 (lu 122 fois) - 
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