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28 juin 2009
Bonjour à tous.
Je suis heureux de pouvoir participer à cette fête paroissiale avec vous tous et les autres jubilaires. Je crois que je suis le benjamin. Parmi vous beaucoup me connaisse mais je vais esquisser mon cheminement de prêtre et de missionnaire.
Je suis le père André BERTRAND, né en 1932 aux cités de la gare (mon père était cheminot) ces cités on les appelait les casernes.
Je pense que j'ai commencé à vouloir être prêtre sous l'influence de l'abbé VEZY, quand j'étais enfant de chœur, et des autres dirigeants des mouvements d'enfants qui savaient nous offrir de grands moments de détente et nous tourner vers les autres.
Je suis allé à l'école communale de la gare puis au petit séminaire à St Pierre, après des lectures, des visites de missionnaires j'ai senti grandir en moi l'appel du Seigneur pour le servir dans les missions.
J'ai hésité assez longtemps mais l'appel à été le plus fort et je suis parti à Paris au séminaire des MEP (Mission Etrangères de Paris) après avoir fait deux ans au grand séminaire de Rodez.
J'ai reçu ma destination pour le Japon, plus exactement le diocèse de Fukuoka dans le sud du pays, la veille du sous-diaconat.
J'ai été ordonné prêtre dans l'église Ste Jeanne d'Arc à Sévérac gare par Mgr MENARD le 1er février 1959. Il faisait froid mais c'était la joie dans la paroisse d'avoir un autre de ses enfants prêtre, et en moi bien sûr qui recevais les pouvoirs de devenir un intermédiaire privilégié entre Dieu et les hommes.
Enfin le jour du départ arriva, le 14 juillet, embarquement à Marseille. Séparation avec la famille, le pays et grand saut pour l'inconnu.
Je suis arrivé au Japon le 15 août (fête de Marie) jour des morts. Le même jour que St François Xavier, le premier missionnaire du Japon.
En quelques lignes ma vie au Japon c'est d'abord apprendre la langue comme un enfant, deux ans d'école à Tokyo, huit heures par jour. Apprendre les mots, la lecture (ce sont des caractères chinois et il y en a 1800), la culture, les coutumes, la façon de penser, de s'exprimer.
Petit à petit on devient soi-même japonais. Après l'école c'est le travail en paroisse, sur un secteur très ouvrier, un million d'habitants, des aciéries, des mines de charbon, un grand port, de l'industrie chimique. Ensuite, après dix ans de présence je deviens responsable de paroisse et d'école maternelle. Il faut faire vivre la paroisse, entrer en contact avec les parents d'élèves et le milieu de l'enseignement.
J'ai toujours privilégié le travail avec les enfants, les jeunes ; essayant de leur donner des responsabilités. J'ai privilégié les contacts avec les non-chrétiens dans leur quartier, par l'école avec les pasteurs, les bonzes.
J'ai aussi été visiteur de prison, à la demande d'un évêque anglican, dans le quartier des grandes peines, tous non-chrétiens. J'essayais de leur parler de Jésus-Christ qui guérit et pardonne. Quelques-uns de ces prisonniers m'ont dit combien ça les touchait que je vienne les voir.
Et puis en 1996, comme un coup de massue sur la tête, mes supérieurs me rappellent en France pour m'occuper des pères âgés et malades dans nos maisons de retraites.
C'est un nouveau départ dans l'inconnu. J'y suis encore.
Pour résumer ma vie ressemble à une petite bougie. J'ai essayé de rester allumé pour donner un peu de chaleur et de lumière, de ne pas rester dans la boîte. Dans la boîte la bougie reste entière mais elle ne sert à rien. Une petite bougie ce n'est pas grand chose mais quand il y en a beaucoup, c'est pas mal, comme à Lourdes durant les processions.
Alors je vous souhaite à tous de rester allumé pour donner lumière et chaleur à ceux qui vous entourent.
Article écrit par Père André BERTRAND le 03-07-2009 (lu 388 fois) - 
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