Le Président du Conseil pour les relations inter-religieuses de la Conférence des évêques de France s'exprime, suite aux propositions de la Mission parlementaire sur le voile intégral.
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Comme Président du Conseil pour les relations inter-religieuses de la Conférence des
évêques de France, je n'ai pas voulu prendre la parole avant que la Mission
parlementaire chargée de faire des propositions à propos du -voile intégral- n'ait
donné ses conclusions.
Je regrette que la Mission n'ait pas cru bon entendre l'avis des responsables religieux
chrétiens et juifs, alors qu'elle a reçu d'autres courants de pensée. La lettre que j'ai
écrite au Président de la Mission aurait, au moins, mérité une réponse.
Le Conseil National du Culte Musulman, par son Président, Monsieur MOUSSAOUI, a
clairement déclaré que le -voile intégral- n'est pas un signe religieux et que le Coran
ne demande pas qu'il soit porté par les femmes.
Il faut raison garder. Le nombre de femmes portant le voile intégral étant très limité, les
décisions prises ne doivent pas conduire à stigmatiser les croyants musulmans.
La proposition d'une résolution qui a l'accord des responsables du culte musulman et,
semble-t-il, des différents partis politiques peut être un acte important. Mais je suis très
réservé sur l'opportunité d'une loi qui ne résoudra pas la question.
Si un texte de loi était adopté, le risque pour les femmes musulmanes portant ce voile
intégral est qu'elles ne sortent plus de chez elles et soient encore plus marginalisées.
Ainsi le résultat pourrait être contraire à l'effet recherché et conduire, par réaction, à une
augmentation du nombre de femmes portant cet habit.
Les citoyens français, et parmi eux les catholiques, ne doivent pas se laisser envahir par
la peur et la théorie du choc des civilisations. Il est essentiel de distinguer la majorité de
nos citoyens musulmans qui demandent à pouvoir pratiquer librement leur culte et
une minorité qui, tout en se réclamant de l'islam, cherche à déstabiliser les démocraties.
Si nous voulons que les chrétiens en situation de minorité dans les pays à majorité
musulmane disposent de tous leurs droits, nous devons dans notre pays respecter les
droits de tous les croyants à l'exercice de leur culte. Le dialogue en vérité entre croyants
permet de dépasser les méfiances réciproques. Le chemin sera long et exigeant. La
voie du respect mutuel permettra d'améliorer le vivre ensemble dans notre pays.
Mgr Michel Santier - Evêque de Créteil
Président du Conseil pour les relations inter-religieuses et les nouveaux courants religieux
Envoyé par CEF le 01/02/2010