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Après la prière et le jeûne, voici que nous allons parler du partage, troisième plier du carême. Je dois le répéter encore, au risque de lasser, ces trois piliers sont indissociables, ils forment un tout, ce n’est que par commodité que je les ai séparés. Au lieu de parler du partage, j’aborderai plutôt le thème de la charité qui est beaucoup plus large, tout en cherchant la place du partage.
La charité est l’Amour de Dieu pour Dieu, dans la Trinité, amour si fort qu’il rend Dieu unique en trois personnes. La charité est l’Amour de Dieu pour les hommes qui le conduit à l’incarnation, à la passion et à la résurrection pour leur salut.
Ce que nous appelons partage, solidarité ou encore aumône ne sont que des actes humains par lesquels les hommes veulent gommer les inégalités entre eux : chacun donne, avec bonté, avec générosité certes, et le don se suffit à lui-même pour redonner bonne conscience, il est en quelque sorte une obligation humaniste ou humanitaire. C’est un acte tout à fait respectable, voire remarquable qui traduit le désir de ne laisser personne sur le bord du chemin.
Pour nous Chrétiens, prière, jeûne et partage ne font qu’un tout, ils sont tous les trois relation avec Dieu, c’est-à-dire élévation de l’âme vers Dieu, ouverture du cœur à la Parole et signe de l’Amour de notre Père. Dieu n’a fait aucun calcul pour son œuvre de salut, Il a donné, Il a tout donné. Alors à notre tour de tout donné, dans l’amour de Dieu, dans sa Charité. Dieu se trouve dans les petits, les déshérités, les blessés, les affamés, les laissés pour compte. Notre partage nous fait entrer dans l’amour divin, en nous associant à la vie de la Trinité.
Avant de communier au corps et au sang du Christ, nous recevons une invitation : « Dans la Charité du Christ, donnez-vous la Paix ». Il ne s’agit pas de saluer tel ou tel voisin que l’on aime plus ou moins, il s’agit pour nous de témoigner notre appartenance à la Charité du Christ, à son Amour total. En recevant la Paix de Dieu, nous sommes invités à la partager avec l’humanité présente ou pas dans notre assemblée. Ce ne sera pas la quantité de notre partage qui nous sera comptée mais sa qualité d’ancrage plus ou moins profond dans l’Amour de Dieu. Le chantier est ouvert, il est vaste mais nous avons toute notre vie pour nous convertir.
Article écrit par DJ le 19-02-2005 (lu 353 fois) - 
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