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Depuis quelques jours, me voilà de retour à Espalion après mon voyage d'immersion au Mali avec le C.C.F.D. Au mois de décembre, j'écrivais « A la rencontre pour une communion et un témoignage» et ce fut bien une communion avec la population de la région de Kayes que j'ai vécue.
Kayes est une région très enclavée, frontalière avec la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée-Conacry. Les infrastructures routières sont très rares et c'est après plusieurs heures de pistes, parfois très accidentées, que nous rejoignions les habitants des villages.
De Kayes à Yélimané, en passant Goudionou, Seliféli, Sambacanou, Yarka, dans chacun de ces villages qui nous reçoivent, l'accueil est très festif : danses, chants, couleurs, joie et gaieté nous sont offerts par la population locale.
Combien d'enfants, femmes, hommes, nous entourent à notre descente des véhicules ? Combien de mains tendues et serrées ? Je ne sais pas ! Ainsi, sont bien vite « envolés» les kilomètres et les chaos des pistes.
Mais nous n'oublions pas que nous sommes partis là-bas pour découvrir les projets et les acteurs du développement au Mali, que nous voulons partager leur dynamisme et voir l'impact de leur travail sur la population. C'est ainsi que l'A.D.R. : Association d'appui aux actions de développement rural, avec son président, Dadio Konaré, qui est notre accompagnateur durant ces dix jours, nous a permis de découvrir ces projets. Projets simples, à taille humaine, et porteurs de tant d'espoir ! Des forages hydrauliques, fonctionnant à l'énergie solaire, la construction de châteaux d'eau ; et l'arrivée de l'eau potable au cœur même des villages, grâce à des bornes-fontaines gérées par les femmes, est ici, une bénédiction du ciel. L'eau, source de vie, prend là toute sa valeur.
Les périmètres maraîchers, c'est aussi le domaine des femmes. Elles cultivent salades, carottes, oignons, aubergines, des légumes bien de chez nous, mais aussi des spécialités de leur pays: manioc, igname, gombo, etc... Les puits creusés dans chaque périmètre leur permettent l'arrosage de leur petite parcelle. La « corvée» d'eau reste toujours difficile car il faut remonter celle-ci du puits avec seau et corde.
Elles sont ainsi, dans chaque village, une centaine à cultiver une parcelle. Elles sont courageuses, ces femmes, car après le passage de criquets pèlerins au mois d'octobre qui ont dévasté leurs récoltes, elles ont resemé, elles n'ont pas baissé les bras, et elles sont tellement fières aujourd'hui de nous montrer le résultat de leur travail !
Dans ces villages, j'ai vécu au plus proche de la population, couchant chez l'habitant et partageant ainsi leur condition de vie quotidienne, souvent sans eau ni électricité. Chaque jour, dans les villages, nous avons eu des entretiens avec les habitants et notamment avec les associations de femmes.
Nous avons échangé librement : l'éducation, la santé reviennent en premier dans nos discussions. Nous avons abordé aussi des sujets plus sensibles comme la polygamie et l'excision. Nous avons rencontré des populations qui, malgré le poids de la tradition et de la culture, sont conscientes du chemin qu'il leur reste à parcourir pour améliorer leur condition de vie et qui veulent s'impliquer activement dans le développement de leur région.
Avec mes yeux de petite Française, j'aurais pu voir « la misère. Eh bien, non ! J'ai rencontré des enfants, femmes, hommes heureux de nous voir, nous réservant un accueil extraordinaire et enthousiaste, nous offrant l'hospitalité avec tant de simplicité et de « chaleur », nous donnant tout, alors qu'ils ont si peu ! Chaque fois, leur étonnement est grand en pensant que nous venons de si loin pour les voir !
J'ai enfin bien conscience que le travail accompli pour le C.C.F.D. autour de ces projets de développement doit se poursuivre. Ces populations ont encore besoin de notre soutien. Il reste tant à faire!
Article écrit par Monique TERRAL le 29-01-2005 (lu 770 fois) - 
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