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Parole de bienheureuse
Dans le livre, consacré à Mère Térésa : « Quand l’amour est là, Dieu est là », on peut relever cette réflexion : « La maternité est un don de Dieu aux femmes : elles peuvent détruire ce don en pensant qu’un emploi ou un poste sont plus importants qu’aimer et se donner aux autres. »
Dans sa sagesse, Dieu a fait l’homme et la femme, complémentaires dans leurs corps afin qu’ils soient féconds et prolongent ainsi son œuvre de création. Isaac, fils inespéré que Sara a donné à Abraham, selon la promesse du voyageur étranger de Membré, sera le premier d’une descendance innombrable. Dieu va encore plus loin, dans ce don gratuit et mystérieux de la maternité, en offrant à l’humanité, Jésus, conçu dans le sein de Marie, comme tout enfant d’homme. Quelle femme et quel homme, aujourd’hui, s’engageant dans une vie de couple, ne souhaitent-ils pas donner « la vie », témoignage de leur amour. N’espèrent-ils pas, inconsciemment, à travers l’enfant à naître, prolonger leur propre existence et écrire un petit peu de l’histoire de l’humanité.
Malgré la conviction de Mère Térésa, toute maternité, malheureusement, n’est pas source d’émerveillement. Elle peut être, au contraire, reçue comme un échec, une souffrance, même une malédiction. Telle cette jeune femme des Philippines, mère de huit enfants, à vingt cinq ans. Elle vit dans une cahute délabrée de quelques mètres carrés, son mari gagne quelques euros par mois. Alors, malgré sa foi, elle va manifester avec d’autres chrétiennes, contre la Conférence des Evêques de son pays, qui s’oppose à une loi du gouvernement sur la contraception. Telle cette jeune fille roumaine, d’une région déshéritée, qui avoue « ne pas vouloir mettre au monde des enfants pour les voir mourir de faim ». Devant ces vies, d’enfants mourants avant de naître ou qui naissent pour mourir, on peut pousser le cri désespéré « de tous ces Mozart qu’on assassine », il n’en reste pas moins qu’il faut savoir, avant de magnifier ou de condamner, lire toutes les détresses.
Comment serait reçue, de nos jours, la deuxième partie de la réflexion de la Mère Bienheureuse ? Rêver d’une égalité parfaite entre l’homme et la femme semble relever de l’utopie, du fait de la différence de leur nature. Par contre, il est indispensable de les reconnaître pleinement, l’un et l’autre, dans leurs richesses spécifiques. Si une artiste de music-hall, en bout de vie, reconnaît que son plus grand regret est de ne pas avoir eu d’enfant, donnant, semble-t-il, la priorité à sa carrière, combien de femmes, mères de famille, ont su d’une manière remarquable, assumer de grandes responsabilités. (Par exemple : ces trois femmes Prix Nobel de la Paix). De plus, la situation économique de notre temps oblige beaucoup d’épouses à rechercher un emploi, souvent pour faire face aux dépenses ordinaires. Et même, s’il y a la recherche d’un plus grand confort de vie, est-ce condamnable ? (A condition de ne pas tomber dans le superflu tapageur ou « le paraître » orgueilleux).
Parole de Bienheureuse n’est pas dogme. Cependant, on peut faire crédit à Mère Térésa de ses propos. Elle n’a pas seulement parlé mais s’est identifiée à la souffrance pour la combattre et la soulager. Après tout, ses paroles idéalisées, nous obligent à regarder toujours plus haut.
Quand l’enfant mettra sans crainte sa main sur le trou de la vipère, quand l’antilope croisera sans effroi le lion, quand l’agneau se désaltèrera aux mamelles de la louve, alors adviendra le monde voulu par Mère Térésa. Le Bien aura vaincu le Mal, qui aujourd’hui, défigure tellement notre humanité.
Article écrit par Michel COUDERC le 29-12-2011 (lu 92 fois) - 
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