|
Ils sont cathos ! Et alors ?
Adhérer aujourd'hui au christianisme, et plus particulièrement au catholicisme, relève (risquons une sorte de pléonasme) de la profession de foi. Ce qu'on appelle sociologiquement une religion est né hors du temps. Sa première rencontre avec l'humanité est basée sur un mythe digne d'un conte de Perrault. Un couple, un peu cabochard, dérobe, dans le dos de son créateur, un fruit pris sur un arbre défendu à la cueillette. Le fruit à peine croqué, l'homme et la femme sont chassés d'un lieu de rêve, sentent sur leur peau le froid et la chaleur, grattent la terre pour en manger les racines. De plus, la femme, avant de connaître la joie de la maternité, subit la souffrance de la mise au monde. Cette première famille biblique voit aussi le fils aîné, tuer, par jalousie, son frère cadet. Plus tard, Dieu propose une alliance à Abraham en lui assurant une descendance aussi fourmillante que les grains de sable au bord de la mer. Or Abraham est déjà âgé. Son épouse, que la vieillesse a rendue acariâtre, est stérile. Pourtant, la promesse sera tenue. Un bélier, pris par les cornes dans les broussailles, remplacera de justesse l'enfant donné sur le bûcher du sacrifice. Désormais, le peuple élu va grandir de génération en génération. Son histoire est marquée par la gloire de ses victoires, la magnificence de ses rois, les temps bénis de l'alliance, mais également, par les querelles, les trahisons, les crimes, les déportations, l'esclavage. Aux périodes d'abaissement, des prophètes semoncent les impies et encouragent les exilés par l'annonce d'un messie qui leur rendra la terre promise. Le dernier, surgi du désert, sévère et emporté, somme ses contemporains de se convertir en leur versant sur la tête l'eau du Jourdain. Puis, vient Jésus.....
" Ce Prince de la Paix, ce Fils de Roi " comme le nomme Isaïe, fait son premier somme sur la paille d'une mangeoire. Son père n'est pas son père et, il a été engendré dans le sein de sa mère par l'intervention d'un " Esprit Saint ". - Opération, qui servira plus tard, dans les vaudevilles, d'alibi comique aux jeunes filles inexplicablement enceintes. L'adolescent, sage et réfléchi, puis le jeune homme va faire son apprentissage de Sauveur, comme ouvrier, compagnon charpentier, secondant son père dans sa tâche. Au moment de sa mission, il appelle comme disciples, des hommes frustres qui sentent le poisson, et même un certain Lévi, collecteur d'impôts à la réputation discutable. Ensemble, ils parcourent la Palestine. Jésus prononce des paroles, que personne, avant lui, n'avait dites. Il fait des gestes qui mettent de la lumière dans les yeux et le cœur des plus pauvres. Surtout, il abolit les frontières de la mort. Ce propagandiste de l'amour déplait aux autorités civiles et religieuses. Il mourra donc sur une croix : supplice réservé aux parias ; les plus présentables sont des voleurs, les pires des assassins. Son agonie fera ricaner ses détracteurs et laissera dans le doute ses fidèles. Il y aura alors, le chemin d'Emmaüs, d'abord sombre et triste, il s'illumine soudain d'un grand soleil...
Cette vie a bouleversé d'autres vies : Paul, Augustin, Blandine, Geneviève, Louis, Jeanne, Vincent, Bernadette, Jean-Marie, Thérèse, Charles..... , mais aussi les vies de ceux qui ont " la foi du charbonnier " ou sont des scrutateurs de Dieu.
A cause de cette épopée mystique, ils sont cathos, d'hier ou d'aujourd'hui.
Ils sont cathos ! Et alors ?
Alors, avec des mots qu'ils voudraient plus vrais, des gestes qu'ils voudraient plus sincères, leur amour hésitant, ils annoncent à leurs proches qu'il existe pour tout homme, un chemin d'espérance. Dans la nuit de leurs doutes, dans le brouillard de leurs péchés, dans la tempête de leurs vies, ils savent qu'Il est là. .. Ils en sont sûrs. Ils le cherchent...
Michel COUDERC
Article écrit par Michel COUDERC le 12-02-2008 (lu 37 fois) - 
|