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J'aimerais être le pauvre de quelqu'un.
Gérard Laurendin était chrétien. Il n'osait pas, cependant, ajouter le qualificatif de bon au mot chrétien. Il pensait qu'un élève pouvait être bon par ses résultats scolaires, un ouvrier pour sa conscience professionnelle, un sportif grâce à ses records. Il semblait difficile, pour lui, d'atteindre la perfection dans la foi. Malgré des écarts, il essayait de vivre au mieux les commandements de Dieu et de l'Eglise, non comme des articles de loi, mais des lignes de vie.
Patron d'une petite entreprise, il conciliait, nécessaire performance économique et justice sociale. Si d'aventure, il devait prendre des décisions ou des sanctions qu'il jugeait indispensables, il souffrait secrètement des critiques de ses employés, car pensait-il, ils n'avaient pas une vision d'ensemble des problèmes. Adjoint au maire de sa commune, il était aussi membre du Conseil Pastoral de sa paroisse. Il gérait également la trésorerie du Club local de Rugby. Mais, c'est au sein de son association caritative, qu'il confrontait le plus sa foi aux exigences de la réalité. S'il avait du respect, pour ceux qui, avec une dignité presque honteuse assumaient leur pauvreté, il était plus réservé pour ceux qui venaient quémander des secours, comme un droit. Il soupirait alors : " Moi aussi, j'aimerais être parfois le pauvre de quelqu'un ". Entendant ou relisant l'Evangile du pharisien et du publicain, s'il n'approuvait pas la vantardise du premier, il avait du mal à s'identifier à l'humilité du second. Or, les années se bousculant, une attention plus rigoureuse à ce qu'il pouvait vivre, l'amenèrent à découvrir, qu'il pouvait, lui aussi, connaître différentes sortes de pauvreté, malgré son aisance matérielle, l'amour des siens, ses qualités de service et de dévouement.
En effet, il s'aperçut qu'il était pauvre comme Adam et Eve, séduits par le serpent, chaque fois que, dans le cadre municipal, il écoutait, avec complaisance, des flatteries mensongères ou des conseils mal avisés. Il se sentait pauvre comme Caïn, envieux d'Abel, quand, jaloux de la réussite d'un concurrent, il dénigrait sournoisement son dynamisme commercial ou ses initiatives techniques. Il était aussi pauvre, comme Abraham levant sa main armée sur Isaac lorsque, par affection pour les siens ou par sympathie pour d'autres, il sacrifiait un moment de loisir qu'il attendait avec impatience. Il se sentait pauvre, comme David séduisant Bethsabée quand les désirs charnels l'entraînaient vers des rêves passionnels qu'il savait être interdit. Il se voyait pauvre de la tristesse du jeune homme riche, chaque fois que, par vanité de paraître, il préférait le superflu et le voyant, à la simplicité. Il se découvrait pauvre comme Judas trahissant Jésus, quand, par déception ou pour quelque avantage matériel, il remettait en cause une histoire d'amitié. Il se sentait pauvre comme Pierre, reniant le Christ, lorsqu'il n'osait pas affirmer sa foi devant ceux qui la méprisaient ou s'en moquaient. Il se découvrait pauvre comme Thomas, doutant de la résurrection, quand il préférait le confort de la certitude au risque de la confiance accordée.
Ainsi était Gérard Laurendin. Oubliant tout ce qu'elles avaient déjà donné, il croyait ses mains vides. Alors, avec une détresse où perçait quand même l'espérance, il les levait vers le ciel en murmurant : " Père, prends pitié de ma pauvreté... "
Michel COUDERC
TOUS NOS VŒUX POUR L’ANNEE 2008
« Si vous souhaitez la joie, écartez les causes de tristesse.
Si vous souhaitez la paix, travaillez au dialogue
Si vous souhaitez la justice, veillez à la dignité de chacun
Si vous souhaitez la Bonne année, engagez-vous à offrir du « bon » à chaque personne rencontrée.
Alors heureuse année ! » (P. Jean Corbineau).
Bonne année, cela ne signifie pas pour autant une année sans épreuves. Mais, nous chrétiens, nous sommes sûrs qu’à chaque instant, quel que soit ce que nous vivrons, Dieu l’Emmanuel est avec nous. Il sera toujours à nos cotés. Il sera présent surtout au cœur de nos difficultés. Je nous souhaite le vrai bonheur, la sérénité de la paix et la joie.
De la part de la Commission Communication et de l’Equipe Pastorale !
Article écrit par Michel COUDERC le 05-01-2008 (lu 43 fois) - 
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